La prison Jacques Cartier

Une opportunité

Ce reportage est consacré à la prison Jacques Cartier située sur le boulevard qui porte le même nom à Rennes. Les photographies datent de septembre 2022, elles ont été faites lors des journées du patrimoine. Je me souviens d’un attrait certain pour ce lieu avec une file d’attente de plus d’une heure pour y pénétrer.

Une prison au cœur de la Ville

A noter en préambule qu’à Rennes l’établissement pénitentiaire Jacques quartier était la prison pour hommes, elle a été fermée en 2010. Il y a un autre établissement réservé aux femmes qui a été construit en 1878 et qui est toujours en activité. Il est situé à proximité de l’entrée sud de la gare de Rennes. La construction la maison d’arrêt de Rennes débute en 1898 et elle entre en fonction le 15 octobre 1903. A l’époque elle est au milieu des champs, éloignée du centre-ville mais aujourd’hui elles pratiquement au centre géographie de Rennes dans le quartier Sud-gare.

Pour aller plus loin sur l’histoire de la prison Jacques Cartier je vous recommande la visite du site « Il était une fois … la prison Jacques Cartier » sur « Destination Rennes » qui est le site de l’office du tourisme de Rennes. A voir également sur le site « Champs de Justice » le fascicule « les voix de la prison (1903-1910) ».

La prison Jacques Cartier a longtemps été un lieu emblématique de la ville. Nombre d’anciens rennais ont le souvenir qu’enfant quand ils faisaient des bêtises leurs parents les grondaient en leur disant « si tu continues comme ça, tu finiras à Jacques Cartier ! ». L’établissement a cessé son activité en 2010, tous les détenus ont été transférés vers un nouveau centre pénitentiaire construit sur la commune de Vezin le Coquet. Depuis c’est une friche industrielle qui est devenue la propriété de Rennes Métropole. Côté sombre, il est à noter que cette prison a été le lieu de deux exécutions capitales par guillotine en 1922 et 1939. Ces exécutions se déroulaient encore en place publique devant l’entrée. Pendant la seconde guerre mondiale elle a été un lieu de détention et de torture de nombreux résistants bretons. Une plaque commémorative le rappelle à l’entrée.

Coté photos

J’aime bien laisser reposer certaines photos avant de voir comment les utiliser car le temps permet de les regarder avec un autre œil, une autre perspective que celle qu’on aurait eu en les exploitant immédiatement. Dans ce reportage les prises de vues sont le reflet d’un moment qui conjugue trois réalités.

La première est celle du lieu en lui-même. C’est une prison donc un lieu impressionnant et inconnu pour la majorité des visiteurs qui n’y ont jamais séjourné. C’est un lieu d’enfermement, de privation de liberté, de surveillance et souvent de violence psychologique et physique. Être confronté à un tel endroit quand on est un citoyen de base est une expérience un peu déroutante.

La seconde est celle d’une friche industrielle et on est saisi par l’état d’abandon même si les parties visitables ont été débarrassées de tout ce qui pourrait être dangereux pour les visiteurs. Le temps érode et détruit tout progressivement. Cela ajoute un côté « glauque » à un lieu déjà impressionnant par sa nature.

La troisième vient du contraste entre cette prison devenue une friche industrielle et le fait que le temps d’une journée consacrée à a l’exploration du patrimoine des visiteurs y déambulent un peu comme dans une attraction. La curiosité de la population pour un lieu de ce type est forte car pour beaucoup (moi le premier) ce sera l’unique occasion de voir une prison « en vrai ». Voir des personnes se promener librement dans une prison réduite à l’état de friche industrielle est un contraste intéressant à exploiter d’un point de vue photographique. A contrario j’ai parfois attendu que certains espaces soient libres de tout visiteur afin de ne rendre compte que d’une ambiance.

Toutes les photographies sont en noir et blanc. Je trouve qu’elles sont plus percutantes qu’en version couleur.

Sources